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MOT DE LA PRÉSIDENTE

MOT DE LA PRÉSIDENTE

ACCESSIBILITÉ AUX SOINS : UN DÉFI OU UNE OPPORTUNITÉ?


Ginette Bernier

Au Québec, l'accessibilité aux soins demeure une problématique majeure malgré les changements de gouvernement, les modifications de structure dans le réseau de la santé et les millions investis dans le réseau pour y faire face. Plusieurs facteurs contribuent à la situation. On peut cibler le vieillissement de la population, la mauvaise utilisation des urgences, la réglementation limitant les pratiques professionnelles, etc. Tous ces éléments contribuent certainement à produire un effet entonnoir qui limite l'accès aux soins de santé. La réforme de Philippe Couillard en 2005 préconisait le déploiement et l'organisation des services en première ligne pour faciliter l'accessibilité en fusionnant les établissements (formation des CSSS) et en impliquant une responsabilité populationnelle au territoire de services nouvellement formé. Après dix ans, nous ne pouvons que constater que peu de chose ont changé. Une fois de plus, nous vivons une nouvelle transformation avec les mêmes objectifs d'accessibilité.

On peut se poser la question suivante : Est-ce que le problème est abordé sous le bon angle? Est-ce que les changements de structure organisationnelle sont la voie de passage vers l'atteinte de l'objectif? Permettez-moi d'en douter. L'approche du travail de collaboration interprofessionnelle, avec une réelle volonté de collaborer, me semble la voie à privilégier. Notre réseau comprend un ensemble de professionnels très compétents qui n'attendent que de mettre à profit leurs connaissances et leur expérience. Si l'ensemble de ce savoir était disponible à la population dès que des besoins émergent dans la communauté, nous assisterions à une amélioration certaine de la santé des individus, diminuant ainsi la pression sur les services plus spécialisés.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé, il serait possible de prévenir au moins 80 % des cardiopathies prématurées, des accidents vasculaires cérébraux et des cas de diabète de type 2, ainsi que 40 % des cancers au Canada par une saine alimentation, de l'activité physique régulière et l'abstinence des produits du tabac*. Ces informations sont partagées à grande échelle par les médias et les spécialistes dans le domaine. Pensons ici à Richard Béliveau, docteur en biochimie, qui a publié des ouvrages sur le sujet et plusieurs chroniques. Force est de constater une certaine amélioration dans le respect des saines habitudes de vie dans la population en général. Néanmoins, une accélération de ces changements doit absolument se faire pour assurer une meilleure santé de la communauté.

La solution pour améliorer l'accessibilité aux soins passe obligatoirement par une réponse coordonnée et intégrée sur plusieurs fronts. C'est-à-dire que la population peut consulter un professionnel désigné dans différents points d'accès autres que le milieu hospitalier ou la clinique médicale privée. Les infirmières savent que lorsqu'une personne ne reçoit pas de soins en temps opportun, elle peut vivre une série de conséquences très négatives. Permettre aux infirmières d'utiliser l'éventail complet de leurs compétences et d'occuper pleinement leur rôle est un des moyens à privilégier. Contribuer à des modèles interprofessionnels élargis, où chacun travaille dans son champ de compétence respectif, peut aussi de la même manière faciliter l'accès aux services de santé. Lorsque le gouvernement acceptera de modifier certaines règles pour permettre des modèles de prestations de soins de santé innovateurs et appuyés par des données probantes, nous assisterons alors à un accroissement de la productivité, nous aurons un système de santé plus souple et un accès élargi pour les patients.

Les infirmières ont des solutions rentables à proposer pour réduire les délais dans l'accessibilité et le continuum de soins. Que ce soit en travaillant sur les saines habitudes de vie dans la promotion de la santé, en fournissant des points d'accès supplémentaires, en collaborant au sein d'équipes professionnelles, en prenant en charge des clients souffrant de maladies chroniques, elles contribuent à améliorer la vie des Québécois.

Lors du dernier congrès de l'OIIQ, les infirmières ont clairement souligné leur désir d'offrir des soins de qualité à un moment opportun. À cet effet, elles veulent inspirer et moduler les soins de l'avenir. Elles font partie de la solution pour une meilleure accessibilité. Nous voulons être entendues « Au nom de la santé des Québécois ».

Sincèrement,

Ginette Bernier, inf., M. Sc. Adm.
Présidente de l'ORIICA

*Association des infirmières et infirmiers du Canada 2011. Les infirmières et infirmiers aux premières lignes du temps d'attente. Pour aller de l'avant. p. 9.

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