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CLINIQUEMENT VÔTRE

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Aidons nos proches aidants

Les clients atteints de maladies chroniques ou en perte d’autonomie sont souvent accompagnés d’un conjoint, de leurs enfants, d’un membre de la famille, d’amis ou de voisins. Ces accompagnants portent bien souvent le nom d’aidants naturels, ce qui renvoie à l’idée de la normalité, au devoir et à l’injonction morale. Cela dit, l’exercice de ce rôle ne vient pas sans conséquence pour eux. Dans le but de sensibiliser les infirmières à la situation des proches aidants, cet article vise à préciser ce qu’est un proche aidant, les risques qu’il encourt ainsi que les moyens qui peuvent être mis en place par les infirmières pour les aider.

Qu’est-ce qu’un proche aidant?

Un proche aidant fournit de l’aide ou des soins à un pair ayant un problème de longue durée associé à une incapacité physique ou mentale ou au vieillissement (Sinha, 2013). Il s’agit donc d’une personne qui, sans rémunération, et de façon informelle, apporte un appui ou fournit une aide à une personne en situation de dépendance en ce qui a trait à ses déplacements, aux travaux domestiques, à l’entretien de la maison, à ses soins personnels, à ses traitements médicaux, à l’organisation de ses soins, de ses opérations bancaires ou concernant d’autres activités (Projet de loi no 42, Assemblée législative du Manitoba, 2011; Lecours, 2015).

En 2013, près du quart des Québécois âgés de 15 ans et plus étaient ou avaient déjà été proches aidants au cours de leur vie, soit 1 675 700 de personnes (Lecours, 2015). Selon le Regroupement des aidants naturels du Québec (2013), les aidants naturels fournissent plus de 80 % des soins non médicaux. Cela fait d’eux une ressource essentielle, mais parfois négligée par les professionnels du réseau de la santé.

Quels sont les risques encourus?

Accepter d’être proche aidant implique une responsabilité importante pour l’individu en plus de l’exposer à des risques ou à des conséquences négatives pour sa santé. Il doit exercer ce nouveau rôle avec peu ou pas de formation. Il doit, par ailleurs, apprendre à naviguer, souvent avec peu de soutien, dans les méandres du système de santé. Le rôle de proche aidant consiste à soutenir la personne dans les sphères personnelle, familiale, sociale, professionnelle et financière de leur vie (Barylak et Guberman, 2016). Cela les expose à des risques d’épuisement physique et psychique, d’isolement, de marginalisation sociale et professionnelle ainsi qu’à la fragilité économique. Malheureusement, les proches aidants tardent souvent à consulter pour eux-mêmes et le font quand ils sont déjà épuisés. Néanmoins, les proches aidants ont besoin d’aide et de soutien pour remplir leur rôle.

Comment peut-on les aider?

Les infirmières peuvent faire une différence pour les proches aidants. Ces derniers devraient recevoir autant de soutien que le client afin de les aider à comprendre ce qu’implique leur nouveau rôle. Il est dans leurs droits d’accepter ou de refuser de jouer ce rôle et ils doivent, dans les deux cas, être mis au courant des solutions envisageables. Par exemple, s’ils refusent, ils peuvent participer à la planification des soins qui seront alors offerts par une tierce personne, un organisme communautaire, une entreprise privée ou par le système de santé. À l’inverse, s’ils acceptent, ils doivent comprendre ce que ce rôle comporte et les enjeux auxquelles ils auront à faire face dans la trajectoire de la maladie de leur proche.

L’information donnée par les professionnels de la santé permet aux proches aidants de faire des choix éclairés concernant la santé de la personne aidée et la prestation des soins à lui offrir, mais aussi concernant leur propre santé (Carers Canada, s. d.). Aussi, les infirmières se doivent de fournir aux proches aidants des informations appropriées en ce qui a trait à l’évolution de la maladie et des soins à prodiguer, des ressources mises à leur disposition, des différents intervenants à joindre en cas de besoin et des stratégies pour favoriser l’accès aux services dans le réseau de la santé et dans la communauté autant pour eux que pour leurs proches (voir Ressources à la fin de cet article).

L’OIIQ (2017) propose en ce sens, dans la publication Réflexion sur le soutien aux aînés à domicile, l’application du processus systématique d’évaluation des besoins des proches aidants en complément à l’évaluation de la personne en perte d’autonomie. Grâce à cette évaluation, l’infirmière se trouve donc en mesure de cibler et de coordonner les soins et les services appropriés en collaboration avec le client, les proches aidants et les professionnels concernés.

Conclusion

Dans un contexte de rationalisation des ressources, la présence des proches aidants permet de retarder l’institutionnalisation de plusieurs clients en perte d’autonomie chez qui le maintien à domicile est encore possible et souhaitable. Les proches aidants sont trop souvent sans aide et sans répit, ce qui les expose à des risques importants pour leur santé et leur bien-être. Ainsi, afin de préserver ces importants partenaires pour le système de santé québécois, il devient capital de leur accorder une attention particulière.

Ressources :

  • Si toutefois vous ciblez des proches aidants, mais que vous n’avez pas le temps de les accompagner, cet outil de référence pour les professionnels vous sera utile afin de diriger facilement les proches aidants au service Info-aidant.
  • Finalement, le Regroupement des proches aidants de Bellechasse a mis à la disposition des aînés un carnet de références de certains services offerts aux aînés et aux proches aidants au sujet des diverses ressources disponibles dans Chaudière-Appalaches. 

Manon Fournier inf., B. Sc., M. Sc. inf. (c.)
CISSS-Chaudière-Appalaches

 


 

Références
Barylak, L., et Guberman, N. (2016). Au-delà de la reconnaissance : les aidants et les droits de la personne au Canada : Note de politique. Repéré à https://www.creges.ca/wp-content/uploads/2017/03/NotePolitique_Fr_Cahier_oct.2016_web-1.pdf
Carers Canada. (s. d.). Caregiver resources: Access to user friendly information and supports. Repéré à http://www.carerscanada.ca/resources/#international-organizations
Lecours, Chantale. (2015). Portrait des proches aidants et les conséquences de leurs responsabilités d’aidant. Coup d’œil sociodémographique, 43. Repéré à http://www.bdso.gouv.qc.ca/docs-ken/multimedia/PB01600FR_coup_doeil_43_2015H00F00.pdf
Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. (2017). Réflexion sur le soutien aux aînés à domicile : Consultation des ordres professionnels : Priorités du ministre de la Santé et des Services sociaux 2016-2017. Repéré à http://www.oiiq.org/sites/default/files/1478-reflexion-soutien-aines-domicile-web.pdf
Projet de loi no 42, Loi sur la reconnaissance de l’apport des aidants naturels, 39e lég. (Man.), 5e sess., 2011, L. M. 2011, c. 32. Repéré à https://web2.gov.mb.ca/bills/39-5/b042f.php
Regroupement des aidants naturels du Québec. (2013). Mémoire du Regroupement des aidants naturels du Québec présenté lors des consultations particulières de la Commission de la santé et des services sociaux « L'autonomie pour tous : livre blanc sur la création d'une assurance autonomie ». Repéré à http://www.cssante.com/sites/www.cssante.com/files/assurance_autonomie_memoire_ranq.pdf
Sinha, M. (2013). Portrait des aidants familiaux, 2012. Mettre l’accent sur les Canadiens : résultats de l’Enquête sociale générale, 1. Repéré à http://www.statcan.gc.ca/pub/89-652-x/89-652-x2013001-fra.pdf

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